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dimanche

Jean-Philippe (suite)


Oui, Amos, c'est bien lui. Et, spécial pour Vio, voilà la belle.
Je me demande à quoi mon tonton passe ses jours, là-bas, à Hanoi...

samedi

Jean-Philippe


Jean-Philippe est le frère de ma mère. Il est photographe, un peu, vagabond, beaucoup. Il disparait pendant des mois, des années parfois. Et réapparait. Il vient de revenir du Vietnam. Il est arrivé lundi, sans prévenir. Pendant six mois, il a vécu à Hanoi en vendant des sacs brodés qu'il achetait pas lots dans les villages du nord. Mais il n'a jamais cessé de faire des photos, a réussi à vendre quelques clichés pour des cartes postales (on ne les lui a jamais payés), et depuis son retour il cherche à les proposer à des journaux. Il m'en a offert deux : cette barque que j'aime pour la couleur de jade de l'eau, et surtout cette jeune fille perchée sur sa mobylette et qui me donne envie de prendre l'avion pour aller loin... Je la publierai peut-être sur ce blog. Mais, pour l'instant, je la garde pour moi.

vendredi

Un thé chez Mariage Frères

Madeleine, ma mamie-yang, retrouve régulièrement une de ses plus anciennes amies qui exerce le joli métier d'éditrice à Paris. Elles se donnent rendez-vous une fois par mois, en général dans un bistrot pour papoter. Hier, Madeleine avait voulu apporter à ce rituel une note un peu plus sélecte et avait proposé à Hélène, son amie donc, de partager un thé rue des Grands Augustins, chez Mariage Frères. Comme j’étais allé tout à côté, chez Gibert acheter un bouquin (pas du Nietzsche, Vio), les ai rejointes pour rentrer avec Madeleine. Le salon était presque désert et je me suis amusé à faire un dessin de ce lieu exotique, inaccessible pour la bourse d'une Cerise. Les deux amies ont insisté pour que je prenne un carré d’or, un délice de chocolat enrobé dans une véritable feuille d’or, et au moment de partir, Hélène a tenu à nous inviter. Elle est allée payer, seule, au comptoir les deux thés et trois gâteaux, mais lorsque le garçon lui a glissé l’addition, j’ai vu ses lunettes faire un bond de dix centimètres et elle a du se raccrocher au comptoir. Mais avec un sourire et son élégance coutumière elle s’est ressaisie et nous a fait un petit signe de la main avant de disparaître dans l’escalier. Lundi, sa comptable va avoir une attaque en voyant la note.